Cannes Pêche

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LA PECHE DES LICHES ET TASSERGALS

LA LICHE , LE TASSERGAL : DES POISSONS TROPICAUX DANS NOS EAUX

 

Ces espèces migratrices ne sont présentes sur les côtes françaises que durant une très brève période et seulement certaines années. La pêche de ces poissons est donc réservée essentiellement à ceux qui ont la possibilité de se rendre fréquemment sur les postes de pêche fréquentés par ces carnassiers quand ceux-ci se rapprochent de nos côtes ou d'obtenir des informations par le biais des pêcheurs locaux.

Les mois les plus chauds de l'année sont les plus propices, les premières arrivées se produisent généralement à la fin du printemps et les derniers départs se situent généralement à la fin de l'automne. Juin, septembre et octobre semblent être les mois les plus propices à la pêche au fouet de ces espèces.

 

 

LA TECHNIQUE DE PECHE :

 

LA PECHE AU STREAMER

Comme pour les pêches exotiques des grands carnassiers marins, la technique de pêche est avant tout basée sur une bonne connaissance des postes et habitudes de chasse des poissons. La technique de lancer avec ce matériel lourd sera également critique car il est fréquent de se retrouver depuis la berge à plus de 25 mètres des postes où se tiennent les poissons.

Une fois le streamer propulsé sur la tenue du poisson, l'animation peut débuter immédiatement car liches comme tassergals ont toujours un œil sur ce qui se passe en surface et verront d'autant mieux votre leurre qu'il sera mobile.

L'impact du leurre en surface saura attirer leur curiosité et il est primordial de rester concentré de l'arrivée du streamer sur l'eau jusqu'au moment de l'arraché suivant car les attaques dans vos pieds seront fréquentes surtout avec les tassergals qui ne reculent devant rien et s'acharnent sur leur proie jusqu'à l'avoir saisie même s'ils doivent vous éclabousser dans vingt centimètres d'eau pour cela.

Pensez que ces poissons sont capables de très fortes accélérations et que leur attaque est d'une rare violence. La prise de contact doit être douce mais rapidement suivie d'un ferrage ferme.

Faites toujours évoluer votre streamer dans le premier mètre sous la surface, des petits tricotages interrompant la récupération déclenchent souvent l'attaque de même que de rapides accélérations sur les dix derniers mètres.

Comme pour toute pêche au streamer, toute la réussite dépend de la vie que vous transmettrez à votre leurre lors de la récupération. Soignez donc l'animation et le choix des matériaux constituant le streamer. La régularité dans la nage de votre mouche est synonyme de bredouille, des pauses, des accélérations,des saccades, des tremblements sont indispensables pour toucher ces poissons agressifs.

 

LA PECHE AU POPPER

 

Cette technique est particulièrement payante par moments. Elle est extrêmement spectaculaire et difficile car les tassergals ont la fâcheuse habitude sauter sur le leurre qui s'en va voler plusieurs mètres plus loin en détendant votre soie et lorsque la seconde attaque se produit vous n'êtes plus en mesure de reprendre le contact…

Lorsque de grands V se dessinent derrière les mulets paniqués qui nagent en changeant frénétiquement de direction dans les eaux les moins profondes des estuaires, je sors systématiquement un popper volumineux. Les tassergals que ni la faible profondeur ni la grande vitesse de fuite de leur proie ne perturbe finissent toujours par sectionner le malheureux mulet choisi en deux. Pour attirer leur attention dans ces périodes de frénésie, seul un leurre volumineux, bruyant peu vous venir en aide. Les casses sont très fréquentes à la touche. Même avec un matériel irréprochable, vous perdrez sans doute plusieurs poppers avant de mettre au sec votre premier tassergal. Préparez vous à cette éventualité et armez votre boîte à leurres de nombreux exemplaires de chaque modèles sachant que peu de modèles suffisent.

Doublez systématiquement le ferrage et rabaissez la canne dès que vous percevez une nette accélération partant sur un côté. Les sauts sont nombreux et le poids de ces poissons lancés à pleine vitesse en l'air peut rompre n'importe quelle ligne, le tassergal a tiré son nom latin de sa capacité à effectuer des sauts spectaculaires, ne le perdez pas de vue…

 

 

LE MATERIEL NECESSAIRE

 

Ces poissons au physique trempé pour les efforts colossaux de grandes traversées sont d'une puissance et d'une endurance qui mettra à l'épreuve votre matériel ainsi que votre savoir faire et votre patience.

Pour parvenir à sortir de l'eau l'une de ces deux espèces plusieurs impératifs doivent être considérés dans vos préparatifs : des nœuds à toute épreuve, une canne puissante et un moulinet de bonne facture, dont la mécanique ne laisse aucune place à l'à peu près. Un équipement mer traité anti corrosion est évidemment de mise.

La canne sera de puissance 7/8 pour la liche et pour le tassergal une canne pour soie de 9/10 est une solide base. Pour des pêches occasionnelles des ces deux espèces une canne de soie de 8/9 de 9 pieds de long suffira largement mais elle sera souvent surdimensionnée pour les liches de petite taille qui fréquentent le plus souvent nos littoraux et elle sera souvent trop faible pour combattre efficacement un tassergal de plusieurs kilogrammes en pleine possession de ses moyens suite à une cure enrichissante de mulets dans nos estuaires…

Le backing sera d'une longueur supérieure à 100 mètres pour la liche, 200 mètres étant préférables pour le tassergal ce qui de plus vous permettra de disposer d'un équipement propre à des pêches exotiques du tarpon ou de carangues par exemple.

Le bas de ligne devra attirer toute votre attention, il est le maillon décisif de votre équipement, sans une réalisation parfaite point de salut.

Pensez rustique et robuste avec un bas de ligne en deux ou trois brins grand maximum. Une longueur de canne suffit amplement ces poissons ne sont pas des ombres de la Sorgues … Sur la soie raboutez un brin de 70/100 de 80 cm de long auquel vous attacherez 90cm de 45/100. Pour la liche une pointe de 100 cm en 28/100 complète le tout alors que pour le tasser gal vous aurez recours à une agrafe au bout de ce brin de 45/100 à laquelle vous attacherez un brin de 50 cm de câble acier.

 

LES LEURRES

 

Leurre tassergal liche.jpg

 

Ces carnassiers étant particulièrement agressifs si leur présence est avérée sur les postes que vous prospectez, vous verrez vite que le choix de la mouche n'est qu'un élément très secondaire. La liche est semble-t-il un peu plus regardante que le tassergal qui, lui, sectionne de ses mâchoires tout ce qui peut lui rappeler une proie et dieu sait que les carnassiers savent être imaginatifs…

Les imitations de poissonnets très claires et brillantes de 7 à 10 cm de long ont la préférence des liches. La mobilité est le volume d'eau déplacés sont les premiers facteurs de réussite des leurres pour ces types de pêche pensez y et une fois la mouche installée au bout de votre pointe faites lui confiance et faites la pêcher…

Pour le tassergal les mouches de 10 à 18 cm sauront attirer son attention… Ne craignez pas pour la taille des streamers, des tassergals de 70 cm n'ont pas peur de chasser des mulets de 40…

 

 

LES POSTES A PROSPECTER

 

Ce paragraphe est celui qu'il vous faudra aborder le plus sérieusement avant de vous lancer dans la pêche des grands carnassiers marins faute de quoi vous vous condamnez à pêcher vainement dans le vide pendant des heures. L'immensité de la mer vous oblige à raisonner le plus finement possible vos zones de prospections.

Ces poissons migrateurs chassent sur des aires ténues et précisément choisies pour la réussite alimentaire qu'elles offrent au carnassier. Repérez sur cartes toutes les embouchures et zones d'échanges qu'offre votre région. Les digues et les sites de rencontre d'eaux de diverses natures (eaux chaudes venant dans les eaux froides, eaux saumâtres arrivant en mer, eaux courantes perturbant des eaux stagnantes…) sont autant de secteur à privilégier.

Les meilleures zones que j'ai pu prospecter pour l'instant sont les bancs de sable déposés par les fleuves dans leurs estuaires. La partie externe de ces bancs de sable tombe souvent brutalement en une rupture de pente que ces carnassiers utilisent pour s'abriter des courants forts et s'embusquer. La prospection de ces zones en wading est particulièrement dangereuse et votre pratique devra se faire avec la plus grande des prudences…

Les canaux de communications entre marais, lagunes, étangs salés et la mer sont souvent des lieux d'échange d'une grande richesse en poissons fourrage où les liches et les tassergals passent à un moment ou un autre du jour pour s'alimenter. Cela n'est cependant vrai qu'à proximité des grands centres de regroupement de ces migrateurs sur nos cotes tels que nos principaux fleuves méditerranéens : Var, Rhône, etc…

 

 

DES POISSONS DE SPORT…

 

Les espèces dont nous venons de parler sont présentes en nombre restreint sur nos côtes, la pratique de ces pêches formidables qui sont de véritables séjours de pêche exotiques en France est directement conditionnée par le respect que les pêcheurs accorderont à ces poissons qui méritent mieux que d'être sacrifiés pour la table.

En espérant que vous aurez un jour la chance de toucher un de ces trop rares poissons qui vous emportera l'espace de quelques heures dans un autre monde, je vous encourage à franchir le cap et à vous essayer à ces pêches où la bredouille est habituelle et la réussite exceptionnelle mais d'autant plus magique…

 

Alain



20/07/2015
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